Volume 23, numéro 2 (2002)
Articles
Reprocity and Rent-Seeking: A Study of the Partnership Approach to Development Assistance
Dans la démarche de partenariat prônée pour l’aide au développement, les organismes donateurs subventionnent des ententes entre le pays donateur et les institutions du pays bénéficiaire. L’article propose un modèle d’aide au développement où les participants au projet tentent de soutirer des avantages aux organismes donateurs. Ce modèle est ensuite appliqué à un programme d’échanges entre l’Université Carleton et l’Université de la Havane. Le comportement des participants est rationnel si l’on tient compte des contraintes et des incitatifs auxquels ils font face. Pourtant, sur le plan individuel, les réactions rationnelles peuvent miner la réciprocité collective et mettre en danger les buts des deux partenaires pour l’aide au développement. L’article conclut qu’il est peut-être plus facile de tenir compte des questions structurelles et idéologiques que des besoins et du pouvoir personnels.
Partnership as Process: Municipal Co-operation for International Development
Ces dernières années, les praticiens et les théoriciens du développement ont fait l’éloge des avantages du partenariat par rapport aux formes plus traditionnelles d’aide au développement, soit les rapports donateur-bénéficiaire. Jusqu’ici, toutefois, la littérature comprend peu d’analyses « sur le terrain » qui permettraient de mieux comprendre comment de tels partenariats fonctionnent vraiment et quels facteurs contribuent ou non à leur succès. La présente étude de cas propose une critique approfondie d’un type de programme novateur pour les gouvernements locaux que l’on appelle généralement programme de coopération municipale internationale. L’auteur cherche à cerner les principaux facteurs qui déterminent le succès d’un partenariat en examinant les mécanismes particuliers de cette forme d’échange dans deux contextes radicalement différents. Il montre que, comme les autres types de partenariats, les partenariats municipaux pour le développement exigent une quantité considérable de préparatifs et d’efforts d’entretien des relations pour réaliser pleinement le potentiel de cette forme particulière de prestation d’aide.
Changing Rural Power Structures Through Land Tenure Reforms: The Current Dismal Role of International Organizations
En général, on considère que le développement agricole ou rural est un processus visant à améliorer la condition socioéconomique des groupes démunis dans les campagnes. Ce terme signifie toutefois différentes choses pour différentes personnes. Le sens qu’on lui attribue peut varier selon les priorités à envisager, les moyens nécessaires pour atteindre les buts fixés et les formes de coopération des principaux acteurs. L’article examine le rôle des principales organisations internationales par rapport au soutien financier et technologique des réformes du régime foncier – rôle qui avait disparu des objectifs de développement dans les années 1980 et au début des années 1990, mais qui a récemment refait surface grâce à la mobilisation populaire et aux actions des groupes nationaux et internationaux de la société civile. Promouvoir une réforme des institutions et des relations du régime foncier est la clé du succès pour réduire les disparités rurales et pour améliorer la sécurité alimentaire, le revenu et le bien-être des familles marginalisées. Modifier la structure du pouvoir en milieu rural pour promouvoir les intérêts des plus démunis s’avère toutefois un processus complexe. Les organisations internationales analysées ont concentré leur action sur des questions secondaires moins délicates sur le plan politique, ce qui laissait largement intactes les structures et les relations de pouvoir en milieu rural. L’article s’appuie principalement sur des données secondaires auxquelles s’ajoutent des informations primaires et les observations de l’auteur à propos de plusieurs projets de réforme agraire en cours.
Privatisation et ouverture des télécommunications en Afrique subsaharienne : modalités et implications des réformes
Partout dans le monde, les télécommunications sont engagées dans de profondes réformes. L’Afrique subsaharienne n’échappe pas à la remise en cause du mode de fonctionnement d’un secteur longtemps dominé par la stabilité technologique et les arrangements institutionnels entre monopoles publics. Les facteurs qui structurent le nouveau paysage des télécommunications africaines conduisent actuellement à des stratégies de privatisation partielle des opérateurs historiques, mais également à une concurrence effective sur le réseau filaire ou par les licences de téléphonie cellulaire. Ces changements contribuent à une extension et à une amélioration de la qualité des services. Leur accomplissement requiert toutefois un renforcement de l’efficacité et de l’autonomie du régulateur. Certaines des principales questions institutionnelles sont abordées dans cet article, non seulement la manière dont l’agence de réglementation peut se constituer, mais aussi les problèmes afférents à l’interconnexion des réseaux et à l’accès universel.
Gender, Environment and Development in Southern Africa
À l’aide des donnés d’une recherche menée dans une région de recolonisation au Zimbabwe, l’auteure soutient que tenir compte du contexte enrichit l’analyse selon le sexe en Afrique australe. Elle fait d’abord un survol de diverses approches féministes utilisées depuis 20 ans dans cette région pour étudier la question femmes et environnement. À son avis, les approches écoféministes posent problème, notamment en ce qui concerne la position théorique voulant que les femmes soient, d’une certaine façon, plus proches de la nature que les hommes. Une approche d’écologie politique féministe, laquelle exige un examen sérieux du contexte culturel, idéologique et institutionnel où se déroule l’étude, permet de révéler d’importantes variations selon le sexe dans les dynamiques et les relations sociales touchant l’environnement. Enfin, l’auteure conteste le « discours de crise » qui imprègne les études environnementales, y compris l’écologie politique féministe ; elle soutient qu’il faut inclure une nouvelle dimension dans la recherche axée sur le genre et l’environnement.
Changes in Employment by Gender and Business Operation in Newly Privatized Companies in Tanzania
Même s’il existe maintenant un corpus de recherches sur la privatisation en Afrique, peu d’entre elles examinent les changements qui en résultent dans l’emploi selon le sexe. Partout en Afrique subsaharienne où des pays ont procédé à la privatisation, les niveaux d’emploi ont chuté. En général, dans les pays socialistes, la politique de l’État consistait à traiter les femmes sur un pied d’égalité avec les hommes en fait d’emploi et de rémunération. La pratique contredisait toutefois souvent la théorie. Dans la présente étude de cas, on a visité 16 entreprises récemment privatisées en Tanzanie à raison d’une fois par année pendant quatre ans. L’article décrit brièvement les changements notés en fait de propriété ou de gestion, le type d’organisation, les niveaux d’emploi, les problèmes et la viabilité économique possible des nouvelles entreprises. En 2000, on a aussi obtenu des données sur l’emploi selon le sexe, les changements dans l’organisation, les conditions matérielles de travail et les attitudes des gestionnaires par rapport au travail des femmes. Dans une société dominée par les hommes et caractérisée par un fort taux de chômage, une économie stagnante et le recul du socialisme, on avait supposé que le rapport entre le nombre d’employés de sexe féminin et de sexe masculin chuterait. On a observé qu’il avait au contraire augmenté. Il faut donc d’autres recherches pour confirmer ou infirmer cet important constat.
Social Capital Formation in Large-Scale Development Projects
La conception, la réalisation et l’évaluation de projets se transforment de façon radicale à la lumière des nouveaux concepts et pratiques de participation communautaire, de consultation et d’analyse des parties intéressées. Dans ce processus de changement, la notion de capital social joue un rôle clé. À partir d’un survol des récents textes sur cette notion, l’article présente des lignes directrices pour les projets de développement, notamment les projets de grande envergure. Pour mesurer le capital social, il propose une méthode microéconomique inspirée des fonctions d’utilité interdépendantes.
Recensions
The Mystery of Capital: Why Capitalism Triumphs in the West and Fails Everywhere Else, Hernando Desoto
UNESCO: Reflections on Educational Aid, Development, and Peace (review essay)
Education Reform in the South in the 1990s, Lene Buchert (dir.)
World Social Science Report 1999, Ali Kanancigil et D. Makinson (dir.)
Changing International Aid to Education: Global Patterns and National Contexts, Kenneth King et Lene Buchert
World Education Report 2000. The Right to Education: Towards Education for All Throughout Life, UNESCO
Human Development Report 2001: Making New Technologies Work for Human Development, Programme des Nations Unies pour le développement
The Economic North-South Divide: Six Decades of Unequal Development, Kunilbert Raffer et H.W. Singer