Volume 24, numéro 2 (2003)

Conflict and Co-operation: Dynamics in Development

Past President’s Address, CASID Congress, 2003

Golam M. Mathbor, Monmouth University

« The theme of CASID’s conference this year is “Conflict and Co-operation: Dynamics in Development.” The theme is both timely and very important given the situation that now prevails across the globe. Bringing my professional training in social work into the academy is not without challenges. My personal perspective of the theme is to reflect on the challenges posed by that theme.

« To borrow from one scholar ‘a group without conflict is a dead one; a group with constant conflict is a sick one.’ This means that some amount of conflict is both natural and essential for the growth of a group, a community, a nation, a region, and for the globe as a whole. Nonetheless, a chronic conflict can destroy the essential positive dynamics of the development of group, community, or nation. Many of the major steps in community development and social reform have their roots in embedded conflicts and in the attempts to resolve those conflicts … »

Financial Liberalization

The Rising Hegemony of Global Finance and the Demise of Development — Introduction

Erinç Yeldan, Bilkent University

« [The] benign view of the mobility of international capital has been challenged by the crisis episodes of the last two decades. Both numerous empirical case studies and the policy lessons of the Mexican, East Asian, and more recently the Turkish and the Argentine experiences, revealed that the expected beneficial effects of capital inflows have been overshadowed by the adverse impacts of excessive stock market volatility and the persistence of exchange rate risk. Furthermore, in a world of volatile exchange rates, the traditional dictum regarding the global equalization of interest rates failed to take place …

« It became clear that countries that were dependent upon capital inflows ought to adopt or maintain contractionary monetary policies in order to secure investor confidence and international creditworthiness. Thus, the governments of the emerging markets that seek to attract and maintain inflows of foreign capital are severely constrained in the ex ante sense to adopt a set of restrictive monetary and fiscal policies. Such efforts are restricted to a balanced budget, entrenched fiscal expenditures, and a relatively contractionary policy with an ex ante commitment to high real interest rates. All of this signifies reduced political autonomy in the developing world in exchange for market access to the industrialized North, which is a bad bargain as far as development is concerned.

« The next four papers will discuss different aspects of these issues … ”

Finance and the Real Economy: The Global Conjuncture

C.P. Chandrasekhar, Jawaharlal Nehru University

Des analyses récentes ont établi un rapport entre l’importance croissante du capital financier dans l’économie globale et la croissance lente et inégale du système mondial. Cet article examine la structure et le rôle changeants de la finance pour faire ressortir les liens de celle-ci avec l’économie réelle depuis la libéralisation des systèmes financiers. Il discute des mécanismes de transmission qui mettent en évidence les « effets » de la finance sur l’économie réelle. Il aborde en détail la nature de ces effets dans le cas du Japon, qui illustre la tendance des pays récemment industrialisés à former une structure financière spécifique afin de relever le défi de l’inégalité préexistante du système international.

Rentier Incomes and Financial Crises: An Empirical Examination of Trends and Cycles in Some OECD Countries

Gerald Epstein, University of Massachusetts
Dorothy Power, graduate student and research assistant, University of Massachusetts

Nous présentons des nouvelles estimations de la part du revenu national qu’ont accaparée les rentiers dans les pays de l’OCDE, de 1960 à 2000. Dans la plupart des pays, la part des rentiers a fortement augmenté durant les dernières décennies ; l’augmentation, amorcée au début des années 1980, coïncide avec l’instauration des politiques monétaires et financières néolibérales par Margaret Thatcher et Paul Volcker. Rien ne prouve qu’il y ait une corrélation négative entre les revenus des rentiers et les revenus des sociétés non financières. La part du revenu que représentent les rentes diminue toutefois dans les pays semi-industrialisés qui ont éprouvé des crises financières. Ces résultats confirment l’idée voulant que la libéralisation financière ait renforcé le pouvoir d’une classe rentière internationale dont les intérêts coïncident avec ceux des sociétés non financières dans les pays le plus riches, mais dont les intérêts entrent en conflit avec ceux des rentiers des pays en développement qui vivent des crises financières.

Patterns of Financial Capital Flows and Accumulation in the Post–1990 Turkish Economy

F. Gül Biçer, graduate student and research assistant, Bilkent University
Erinç Yeldan, Bilkent University

Le but de cet article est double. D’abord, au moyen de l’économétrie de séries chronologiques, nous étudions les facteurs déterminants de l’afflux des capitaux étrangers à court terme en Turquie durant la période qui a suivi la libéralisation des comptes de capital en 1989. Ensuite, nous étudions la fonction changeante des investissements privés durant cette période de libéralisation pour en déduire des hypothèses concernant sa corrélation avec l’afflux des capitaux et les principaux prix macroéconomiques comme le taux de change, le taux d’intérêt réel et les salaires réels.

Nos résultats laissent penser qu’il existe une corrélation négative significative entre l’afflux des capitaux financiers et l’indice de la production industrielle et la liberté du commerce, mais une corrélation positive avec l’appréciation de la monnaie réelle. Il n’y a toutefois pas de rapport concluant entre l’investissement privé fixe et l’afflux des capitaux financiers. Nous avons observé que l’investissement privé a un rapport négatif significatif avec les coûts salariaux réels. Ceci laisse supposer qu’en période d’appréciation de la monnaie, les investisseurs ont dû compter sur une diminution des coûts salariaux pour garder leur compétitivité à l’exportation. Dans des conditions volatiles et incertaines où la spéculation mène les modèles d’investissement, la flexibilité à la baisse des salaires réels doit être vue comme un facteur concomitant des épisodes qui suivent la libéralisation financière.

Emerging Market Crises and the IMF: Rethinking the Role of the IMF in Light of Turkey’s 2000–2001 Financial Crisis

C. Emre Alper, Boğaziçi University
Ziya Önis, Koç University

Les crises financières répétitives dans la semi-périphérie ont soulevé de graves interrogations quant au rôle du FMI dans une ère de globalisation financière, en particulier au lendemain de la crise asiatique de 1997. Cet article tente d’offrir une perspective critique mais équilibrée de la participation du FMI dans les marchés émergents en crise, à la lumière de la récente expérience turque. L’analyse fait ressortir non seulement les limites de l’approche du FMI, mais aussi certains dilemmes inhérents à la tentative de réformer les économies des pays débiteurs, vu la nature de leur climat politique intérieur. On soutient que les réformes favorisées par le FMI sont nécessairement incomplètes parce qu’elles se concentrent uniquement sur le rôle de régulation de l’État mais en négligent d’autres comme la répartition du revenu et le développement à long terme. Deux grandes conclusions en découlent. Premièrement, les pays en crise doivent développer une base politique nationale pour « adopter de l’intérieur » le genre de réformes parrainées par le FMI, qui sont importantes parce qu’elles permettent de tirer parti du processus de globalisation. Deuxièmement, les pays visés doivent élargir leurs horizons et développer leurs capacités nationales dans des domaines tels que la répartition du revenu et la compétitivité à long terme, domaines dont le FMI fait habituellement peu de cas.

Articles

Aide d’urgence et notions locales d’équité : analyse d’un programme d’aide nutritionnelle comme interface sociale

Tom De Herdt, Université d’Anvers

Cet article étudie les interactions entre le personnel local engagé dans le cadre d’un programme d’aide nutritionnelle d’urgence à Kinshasa (1992 95) et les bénéficiaires du programme — potentiels, légitimes ou non — afin d’obtenir une meilleure compréhension de ces interactions. L’analyse révèle que la situation réelle ne peut être captée que partiellement par les termes classiques de sélection adverse et de risque moral utilisés dans les études récentes sur les programmes d’aide ciblés vers les pauvres. En conclusion, une intervention telle qu’un programme d’aide nutritionnelle ne doit être jugée qu’à partir de sa capacité à ouvrir des espaces d’action et de négociation aux acteurs qui y étaient marginalisés auparavant.

Community Development Through Community Non-Wage Benefits in Guyana’s Mineral Sector

Dennis C. Canterbury, Eastern Connecticut State University

Le néolibéralisme prône, pour la recherche et le développement participatifs communautaires, des approches théoriques et méthodologiques chargées de valeurs qui s’inspirent de la démocratie libérale. Le développement communautaire qui s’opère dans les communautés de Guyane où l’on exploite l’or et la bauxite en offrant à ces dernières des avantages non salariaux ne saurait cependant être qualifié de démocrate libéral. Ces communautés sont des microcosmes où les relations sociales reproduisent les inégalités de classes, de races et de sexes qui affligent les sociétés capitalistes. Les inégalités en question reflètent la domination politique et économique des travailleurs par ceux qui possèdent et/ou contrôlent les moyens de production. Par leurs revendications sociales, les travailleurs exercent toutefois des pressions sur les compagnies minières pour les inciter à améliorer les avantages non salariaux offerts. Pour redonner du pouvoir aux habitants des communautés minières, il faut une approche différente du développement communautaire participatif, soit un développement qui est au service des individus et se fait par la base.

Recensions

Caribbean Economies in the Twenty-First Century, Irma T. Alonso (ed.)

Barry Myers, Université Saint-Paul

Knowing Poverty: Critical Reflections on Participatory Research and Policy, Karen Brock and Rosemary McGee (eds.)

Caroline Manion, Saint Mary’s University

Financial Structure and Economic Growth: A Cross-Country Comparison of Banks,Markets, and Development, Asli Demirgüç-Kunt and Ross Levine (eds.)

Sushanta K. Mallick, Royal Institute of International Affairs

Development Sociology: Actor Perspectives, Norman Long

Susan Vincent, St. Francis Xavier University

Inclusive Economics: Gandhian Method and Contemporary Policy, Narendar Pani

Lawrence S. Cumming